L’Afrique du Sud refuse d’être désignée comme l’unique épicentre de la crise migratoire sur le continent. Face aux récentes manifestations anti-immigration et aux tensions diplomatiques qu’elles ont suscitées, Pretoria appelle à une réponse collective de l’Afrique.
Le ministre sud-africain des Relations internationales, Ronald Lamola, estime que les migrations irrégulières sont un défi continental qui ne peut être réduit au seul cas sud-africain. Selon lui, les États africains doivent engager des discussions pour s’attaquer aux causes profondes des déplacements de populations, notamment les facteurs économiques, sécuritaires et politiques qui poussent des milliers de personnes à quitter leur pays.
Cette position intervient après le rejet par l’Union africaine d’une proposition du Ghana visant à inscrire les tensions migratoires en Afrique du Sud à l’ordre du jour de la prochaine réunion de coordination du bloc, prévue en octobre. Pretoria avait dénoncé une initiative qui, selon elle, ciblait injustement le pays.
La question devrait toutefois être abordée lors du prochain sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), prévu à Durban, où plusieurs États, dont le Zimbabwe, le Mozambique et le Malawi, participeront aux discussions.
Sur le terrain, la pression reste forte. Des mouvements hostiles à l’immigration clandestine poursuivent leurs manifestations hebdomadaires pour réclamer l’expulsion des migrants en situation irrégulière, tandis que plusieurs ressortissants étrangers dénoncent des agressions. Selon les autorités sud-africaines, près de 68 000 personnes ont été rapatriées entre juin et juillet, et les capacités du principal centre de rétention de Musina, à la frontière avec le Zimbabwe, ont été fortement réduites.
Avec Ali Bamba







































