Alors que les syndicats de l’éducation maintiennent leur revendication en faveur de l’adoption d’un statut particulier pour les enseignants, le gouvernement assure que le dossier est bien sur la table. Le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a annoncé mercredi 19 août 2026 que le projet faisait actuellement l’objet d’une étude approfondie.
Le statut particulier des enseignants est-il en passe de devenir une réalité ? Sans avancer de calendrier précis, le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a assuré que le dossier est actuellement en cours d’examen au sein de son département.
L’annonce a été faite mercredi 19 août 2026, en marge d’une conférence de presse, alors que les organisations syndicales du secteur de l’éducation continuent de réclamer un cadre spécifique prenant davantage en compte les réalités et les exigences de la profession enseignante.
Une réforme qui concerne plusieurs secteurs
Pour Faya François Bourouno, la mise en place d’un statut particulier ne peut être dissociée de la réforme globale de la Fonction publique.
« Le statut particulier est une réforme sectorielle. Tous les agents publics sont régis par un statut général. En Guinée, il y a la loi 027 portant statut des agents publics, qui définit les droits et devoirs, les obligations, les avantages, les conditions de recrutement jusqu’aux conditions de départ à la retraite », a expliqué le ministre.
Selon lui, les statuts particuliers doivent permettre d’adapter les règles générales aux réalités propres à chaque corps de métier.
« Chaque secteur, tenant compte des spécificités du métier, a défini des mesures de gestion spécifiques du personnel », a-t-il précisé.
Le secteur de l’éducation figure ainsi parmi les priorités du département. Le ministre affirme que le statut particulier des enseignants est actuellement étudié parallèlement à neuf autres projets de statuts sectoriels.
« Le statut particulier des enseignants, comme neuf autres statuts, est aujourd’hui en étude chez nous. Mais pour faire un travail propre, nous l’avons dit, dans le cadre de la vision du chef de l’État et de la réforme de l’État, quand on veut mener une réforme, on la mène avec toute la rigueur possible », a déclaré Faya François Bourouno.
Un outil numérique pour mieux suivre les enseignants
Au cours de son intervention, le ministre est également revenu sur les efforts engagés pour améliorer la gestion des ressources humaines dans le secteur éducatif.
Selon lui, l’administration dispose désormais d’un outil numérique permettant d’identifier les enseignants effectivement en poste à travers le pays et de connaître leur niveau d’affectation.
« Aujourd’hui, nous avons un outil digital qui nous permet de savoir, dans chaque école de la République de Guinée, quel enseignant travaille et quel niveau pédagogique il tient », a-t-il souligné.
Cette modernisation du système de gestion devrait notamment permettre de corriger certaines insuffisances liées au suivi des effectifs et à la répartition des enseignants sur le territoire national.
La prime de district au cœur de l’assainissement
La question des conditions d’exercice des enseignants affectés à l’intérieur du pays a également été abordée.
Pour encourager les enseignants à accepter des postes dans les districts, l’État a instauré une prime mensuelle destinée à compenser les contraintes liées à l’éloignement.
Selon le ministre, cette prime peut atteindre 1,5 million de francs guinéens par mois pour les enseignants exerçant dans les districts.
Mais Faya François Bourouno reconnaît que son attribution a été marquée par des dysfonctionnements et des inégalités.
« Ce qu’on avait constaté, c’était une injustice dans notre pays. Il y avait quelqu’un qui touchait cette prime sur son salaire, alors que vous avez un enseignant dans le district de Molay qui n’avait pas cette prime. C’était injuste. Donc, il fallait assainir », a-t-il soutenu.
Pour le ministre, l’amélioration de la gestion de ces avantages doit accompagner la future réforme du statut particulier.
« Garantir de meilleures conditions de vie »
Au-delà des aspects administratifs, le futur statut particulier devra, selon Faya François Bourouno, apporter une réponse aux préoccupations liées aux conditions de travail et de vie des enseignants.
« Nous travaillons aujourd’hui en parfaite synergie avec les ministères en charge de l’éducation pour avoir un statut particulier qui permette de garantir les meilleures conditions de travail, les meilleures conditions de traitement et les meilleures conditions de vie des travailleurs du secteur éducatif », a-t-il assuré.
Les enseignants ne sont toutefois pas les seuls agents concernés par ce vaste chantier. Le ministère travaille également sur les statuts particuliers des agents de la santé, de l’administration pénitentiaire et des greffiers, entre autres.
« Nous avons aujourd’hui le statut des agents de la santé, nous avons le statut des agents de l’administration pénitentiaire, nous avons le statut des greffiers. Nous avons une dizaine de statuts sur lesquels nous sommes en train de travailler », a indiqué le ministre.
L’ambition affichée est de mettre fin aux disparités et d’instaurer une gestion plus cohérente entre les différents corps de la Fonction publique.
« Pour éviter l’injustice, nous voulons désormais mettre en place un cadre harmonisé de gestion des statuts particuliers », a conclu Faya François Bourouno.
Pour les enseignants et leurs organisations syndicales, qui attendent depuis longtemps l’adoption de ce statut spécifique, les prochaines étapes de cette réforme seront donc suivies de près.
Saliou Keita






































