Chaque saison des pluies ramène son lot de drames sur les routes guinéennes. Des familles endeuillées, des blessés à vie, des véhicules réduits en épaves… Les images se répètent avec une régularité inquiétante. Les récents accidents enregistrés sur les axes Conakry-Kindia et Mamou-Conakry, qui ont coûté la vie à plusieurs personnes et fait de nombreux blessés, doivent servir d’électrochoc collectif.
C’est dans ce contexte que la campagne nationale de sensibilisation à la sécurité routière menée par le Ministère des Transports, à travers l’Agence Guinéenne de la Sécurité Routière (AGUISER), prend tout son sens. Déployées notamment dans les gares routières de Labé, les équipes de l’AGUISER rappellent un message simple, mais vital : « Sous la pluie, la prudence sauve des vies. »
Ce slogan ne doit pas rester une simple formule. Il doit devenir un réflexe pour chaque conducteur, chaque transporteur et chaque usager de la route.
La pluie transforme la chaussée en véritable piège. La visibilité diminue, les distances de freinage s’allongent et les risques de dérapage augmentent considérablement. Pourtant, certains automobilistes continuent de rouler à vive allure, d’effectuer des dépassements dangereux ou de prendre le volant malgré la fatigue. Ces comportements sont à l’origine de nombreuses tragédies qui auraient pu être évitées.
La sécurité routière n’est pas uniquement l’affaire des autorités. Elle est d’abord une responsabilité individuelle. Chaque conducteur doit comprendre que quelques minutes gagnées sur un trajet ne valent jamais une vie perdue.
Quelques gestes simples peuvent pourtant faire toute la différence : réduire sa vitesse en cas de pluie, respecter les distances de sécurité, éviter les dépassements hasardeux, vérifier l’état des pneus, des freins et des essuie-glaces avant de prendre la route, allumer les feux lorsque la visibilité est réduite et, surtout, renoncer à conduire lorsque la fatigue devient trop importante.
Les transporteurs en commun ont également une responsabilité particulière. Ils transportent des dizaines de passagers qui leur confient leur vie à chaque départ. Le respect du nombre de places autorisées, l’entretien régulier des véhicules et le strict respect du Code de la route doivent être des priorités absolues.
Les passagers, eux aussi, ont un rôle à jouer. Ils ne doivent pas hésiter à interpeller un conducteur qui roule à une vitesse excessive, qui téléphone au volant ou qui adopte un comportement dangereux. Le silence face à l’imprudence peut avoir des conséquences irréversibles.
Les récents drames sur les corridors Conakry-Kindia et Mamou-Conakry rappellent avec brutalité que nos routes restent parmi les plus meurtrières du pays. Chaque accident est une famille brisée, un avenir interrompu et un lourd coût humain et économique pour la nation.
La campagne de sensibilisation de l’AGUISER mérite donc d’être soutenue et relayée par tous. Mais elle ne produira des résultats durables que si elle s’accompagne d’un changement profond des comportements, d’un renforcement des contrôles routiers, d’une meilleure formation des conducteurs et d’une application rigoureuse des sanctions contre les infractions.
Au final, la sécurité routière ne dépend pas uniquement des infrastructures ou des campagnes de communication. Elle repose avant tout sur une décision personnelle : celle de conduire avec responsabilité.
Car sur la route, la véritable preuve de courage n’est pas d’aller vite. C’est d’arriver vivant… et de permettre aux autres d’en faire autant.
A Amadou Diallo






































