Ce qui ressemblait hier à une alerte isolée à Nongo est en train de devenir un signal d’alarme pour toute une partie de la capitale. À Simambossia, dans la commune de Lambanyi, les fissures ne sont plus de simples marques sur les murs : elles sont le symptôme visible d’un danger profond, insidieux, et potentiellement dramatique.
Les images parlent d’elles-mêmes : murs lézardés, bâtiments fragilisés, routes qui se craquellent. Mais derrière ces signes inquiétants, c’est surtout le silence qui interpelle. Un silence pesant, nourri par la peur. Car ici, parler semble risqué, comme si dénoncer l’évidence pouvait exposer à des représailles.
Pourtant, le risque est bien réel. Habiter dans une zone sujette à des fissures structurelles, c’est vivre au-dessus d’un sol instable, parfois sans le savoir. Cela signifie dormir dans des maisons qui peuvent céder, voir ses biens engloutis, et pire encore, mettre des vies en péril. Les fissures ne sont jamais anodines : elles annoncent souvent des mouvements de terrain, des affaissements, voire des effondrements soudains.
Le témoignage discret d’un commerçant du quartier en dit long. Depuis 2025, les premiers signes étaient déjà là. Une porte impossible à ouvrir du jour au lendemain, un bâtiment qui se déforme sans prévenir. Ce genre d’anomalie n’est jamais le fruit du hasard. C’est un avertissement.
Mais à Simambossia, comme dans bien d’autres zones urbaines en expansion rapide, la réalité est brutale : on construit souvent sans étude approfondie du sol, on s’installe faute de mieux, et on espère que tout tiendra. Jusqu’au jour où la terre rappelle ses règles.
Le véritable drame, ce n’est pas seulement l’apparition des fissures. C’est l’absence de réponse claire, rapide et rassurante des autorités. Car face à un risque aussi évident, l’inaction équivaut à une mise en danger collective.
Habiter dans ces zones aujourd’hui, c’est accepter une part d’incertitude permanente. C’est vivre avec la peur que les murs parlent un jour plus fort que leurs occupants. Et c’est surtout poser une question essentielle : faut-il attendre une catastrophe pour agir ?
À Simambossia, les fissures ne traversent pas seulement les maisons. Elles révèlent aussi les failles d’une urbanisation mal maîtrisée, où le droit au logement se heurte trop souvent au droit à la sécurité.
Moussa Aziz Camara



































