CONAKRY. Un nouveau cap pour la jeunesse guinéenne. Installé officiellement dans ses fonctions ce mercredi 29 juillet, le ministre de la Jeunesse, Lansana Béa Diallo, a placé la question de l’emploi et de la fuite des cerveaux au cœur de sa feuille de route. Face aux cadres de son département et aux membres du gouvernement, il a promis de faire de la création d’opportunités locales une priorité pour convaincre les jeunes de croire en leur avenir en Guinée.
Dans son premier discours officiel, le nouveau patron du département de la Jeunesse a livré un message fort : la principale richesse du pays ne se limite pas aux ressources minières. « La richesse de la Guinée ne se trouve pas uniquement dans son sous-sol, elle se trouve d’abord et avant tout dans sa jeunesse », a-t-il déclaré, plaçant ainsi les jeunes au centre de la stratégie nationale de développement.
Avec une population largement dominée par les moins de 35 ans, la jeunesse guinéenne représente à la fois un défi majeur et une opportunité pour le pays. Pour Béa Diallo, l’urgence est désormais de créer des conditions permettant aux jeunes de trouver des perspectives concrètes sur le territoire national.
Combattre l’émigration par l’opportunité
Au-delà des discours, le ministre a particulièrement insisté sur le phénomène de l’immigration clandestine, qu’il considère comme une conséquence directe du manque de débouchés économiques. Son ambition : mettre en place un environnement capable de retenir les forces vives du pays.
« Je rêve du jour où un jeune guinéen ne quittera plus son pays parce qu’il n’y voit plus son avenir. Je rêve du jour où il choisira de rester parce qu’il y trouvera un emploi, une entreprise à créer, une exploitation agricole à développer, un métier à exercer, un projet à bâtir et une vie digne à construire », a-t-il affirmé.
L’ancien champion de boxe reconverti dans l’entrepreneuriat entend ainsi promouvoir une nouvelle approche de la mobilité internationale. Selon lui, les jeunes Guinéens doivent pouvoir voyager par choix et non par nécessité.
« Nos jeunes voyageront non plus par désespoir, mais par choix », a-t-il souhaité, évoquant une génération capable de découvrir le monde, d’acquérir de nouvelles compétences et de revenir contribuer au développement de son pays.
Entrepreneuriat, projets locaux et coopération gouvernementale
Pour concrétiser cette vision, le ministère de la Jeunesse mise sur plusieurs leviers, notamment la promotion de l’entrepreneuriat, l’accompagnement des initiatives locales et le renforcement du lien entre l’État et les jeunes.
Conscient que les défis dépassent les capacités d’un seul département, Lansana Béa Diallo a appelé à une mobilisation interministérielle, particulièrement avec les secteurs de l’Éducation et des Sports.
« Cette ambition ne pourra jamais être portée par un ministre. Elle exige une transversalité et une coopération essentielle », a-t-il insisté, rappelant que la mission du ministère va bien au-delà de la gestion administrative.
« Nous ne travaillons pas simplement pour gérer une administration. Nous travaillons pour redonner de l’espoir à toute une génération », a-t-il lancé à ses collaborateurs.
À travers cette nouvelle orientation, le ministre veut faire de la jeunesse guinéenne non plus une population en attente d’opportunités, mais une véritable force motrice de la transformation économique et sociale du pays. Pour lui, l’avenir de la Guinée devra désormais s’écrire avec sa jeunesse, sur son propre sol.
Abdoul Chaolis Diallo






































