L’émotion était palpable, dimanche 12 juillet, au Palais du peuple de Conakry, où la Nation a rendu un dernier hommage à Hadja Andrée Touré, veuve du premier Président de la République de Guinée, Ahmed Sékou Touré. Devant une assistance composée de hautes autorités, de diplomates, de personnalités politiques, religieuses et culturelles, le Premier ministre Bah Oury a livré un discours empreint de solennité, plaçant la disparition de l’ancienne Première dame au rang des grandes pertes nationales.
À la tribune, le chef du Gouvernement a d’emblée donné le ton. « La République est en deuil. Elle est en deuil pour deux raisons fondamentales », a-t-il déclaré, avant de rappeler la place singulière qu’occupait Hadja Andrée Touré dans la mémoire collective guinéenne.
Pour Bah Oury, la défunte était bien plus que l’épouse du père de l’indépendance. Elle incarnait une mémoire vivante, ayant traversé les grandes étapes de la construction de l’État guinéen.
« Hadja Andrée Touré est le témoin privilégié de l’histoire de la République de Guinée, de la période coloniale aux indépendances et à la gestion de l’indépendance de la République de Guinée jusqu’à présent. Elle est le témoin privilégié de notre histoire, de notre identité et de notre réalité d’aujourd’hui », a-t-il souligné.
Face à une assistance recueillie, le Premier ministre a insisté sur la portée symbolique de cette disparition. Selon lui, la disparition de Hadja Andrée Touré touche l’ensemble de la Nation, en raison de la place exceptionnelle qu’elle occupait dans l’histoire institutionnelle du pays.
« La nation est en deuil du fait que Hadja Andrée Touré était l’épouse du premier Président de la République de Guinée. De par sa position, elle est aussi l’incarnation de l’image de l’ensemble du peuple de Guinée. Par conséquent, son décès est, pour la République, le décès d’une personnalité éminente de la République de Guinée », a affirmé Bah Oury.
Le chef du Gouvernement a également expliqué que cette dimension historique et institutionnelle justifie l’hommage national voulu par le président de la République, Mamadi Doumbouya.
« Le Président de la République a estimé qu’il est de son devoir, en tant qu’incarnation de la République de Guinée, de rendre un vibrant hommage à Hadja Andrée Touré pour que la République puisse désormais, de manière irrévocable, demeurer la République de Guinée », a-t-il déclaré.
Au-delà de l’hommage rendu à une figure historique, Bah Oury a saisi cette occasion pour rappeler sa vision de la République : une institution qui transcende les parcours individuels et rassemble les citoyens autour d’une identité commune.
« La République est une incarnation qui transcende nos individualités, qui transcende nos histoires individuelles. Le Président de la République, Mamadi Doumbouya, a mis comme focus la nécessité absolue de permettre à ce que tous les Guinéens, de toutes les sensibilités, de toutes les histoires et de toutes les origines, se sentent unis à travers une identité unique, celle d’être des citoyens de la République de Guinée », a-t-il conclu.
À travers cet hommage national, les autorités guinéennes ont voulu saluer la mémoire d’une femme qui aura accompagné les premiers pas de la Guinée indépendante et dont le parcours demeure étroitement lié à l’histoire politique du pays. Une cérémonie marquée par le recueillement, mais aussi par un appel à l’unité nationale autour des valeurs de la République.
Sibé Fofana





































