Le Syndicat professionnel de la presse de Guinée (SPPG) ouvre une nouvelle page de son histoire. Élu à l’issue du congrès tenu en juin dernier à la Bourse du travail, le nouveau bureau national du syndicat a été officiellement installé ce samedi 8 août 2026, à Conakry, lors d’une cérémonie marquée par la présence de représentants du corps diplomatique et de plusieurs organisations syndicales, notamment celles du secteur de l’éducation.
À cette occasion, le secrétaire général du SPPG, Sékou Jamal Pendessa, a dévoilé les grandes orientations de son nouveau mandat, placé sous le signe de l’action collective et de la relance du secteur médiatique guinéen.
« Cette rencontre dépasse le cadre protocolaire d’une simple cérémonie d’installation. Elle marque le début d’un nouveau mandat placé sous le signe du dialogue, de la responsabilité, de la solidarité et de l’action », a déclaré le responsable syndical.
Pour Sékou Jamal Pendessa, le slogan retenu par la nouvelle équipe, « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne », doit aller au-delà d’une simple formule. Il constitue, selon lui, une vision qui engage l’ensemble des acteurs du secteur.
Le secrétaire général estime que la transformation de la presse guinéenne ne saurait être portée par le seul syndicat. Elle nécessite également l’implication des pouvoirs publics, des responsables de médias, des journalistes, des partenaires techniques et financiers ainsi que des citoyens.
La convention collective, priorité du nouveau bureau
Parmi les principaux chantiers annoncés figure l’adoption de la convention collective des travailleurs des médias. Sékou Jamal Pendessa en fait l’une des priorités majeures de son mandat.
Selon lui, cet instrument ne doit pas être considéré comme une contrainte imposée aux entreprises de presse, mais comme un mécanisme destiné à améliorer les conditions de travail et à consolider la stabilité du secteur.
« Cette convention ne doit pas être perçue comme une menace pour les entreprises de presse. Au contraire, elle constitue une garantie de stabilité, de professionnalisation et de prospérité pour l’ensemble du secteur », a-t-il soutenu.
Le SPPG entend ainsi défendre les droits des travailleurs tout en tenant compte des réalités économiques auxquelles sont confrontées les entreprises de presse.
« Notre ambition est de créer un cadre équilibré où les droits des travailleurs sont protégés, sans compromettre la pérennité économique des entreprises », a précisé le secrétaire général.
La couverture sanitaire, autre urgence
Autre préoccupation soulevée lors de cette cérémonie d’installation : la prise en charge sanitaire des professionnels des médias.
Sékou Jamal Pendessa a dénoncé une situation devenue récurrente : des journalistes et techniciens confrontés à la maladie sans disposer des moyens nécessaires pour accéder à des soins appropriés.
Il a notamment regretté que certains professionnels soient contraints de faire appel à la solidarité publique à travers les réseaux sociaux pour financer leurs traitements.
« Nous ne voulons plus que la maladie conduise nos confrères à exposer leur souffrance sur les réseaux sociaux à travers des appels désespérés à la solidarité », a-t-il déclaré.
Pour le nouveau bureau, la protection sociale et sanitaire des travailleurs des médias devra donc occuper une place importante dans les discussions avec les autorités et les différents partenaires.
Dialogue avec les autorités, mais vigilance sur les libertés
Au terme de son discours, le secrétaire général du SPPG a réaffirmé la volonté de son organisation de maintenir un dialogue constructif avec les pouvoirs publics.
Le syndicat entend se positionner comme un « partenaire républicain, responsable et constructif », tout en conservant son rôle de défenseur des journalistes et de la liberté de la presse.
« Chaque fois que l’intérêt supérieur de la nation l’exigera, nous privilégierons le dialogue. Mais chaque fois que les libertés fondamentales, les droits des journalistes ou la liberté de la presse seront menacés, nous assumerons avec responsabilité et dans le strict respect de la loi notre mission de défendre les professionnels des médias », a averti Sékou Jamal Pendessa.
Pour les cinq prochaines années, le nouveau bureau du SPPG entend ainsi conjuguer dialogue, revendication et vigilance, avec pour ambition affichée de contribuer à une presse guinéenne plus libre, plus professionnelle, mieux protégée et économiquement plus viable.
Fatimatou Diallo







































