NOUADHIBOU – La route migratoire de l’Atlantique continue de faire des victimes. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 144 migrants sont morts ou portés disparus au large de la Mauritanie la semaine dernière, alors qu’ils tentaient de rejoindre les îles Canaries depuis la Gambie.
Entre le 14 et le 18 juillet, trois opérations de sauvetage et de débarquement ont été menées à Nouadhibou, permettant de secourir près de 400 personnes, a indiqué le HCR dans un communiqué publié le 21 juillet.
L’un des naufrages les plus meurtriers concerne une embarcation qui a dérivé pendant 25 jours en pleine mer avant d’être localisée au large des côtes mauritaniennes. Sur les 190 passagers embarqués, 143 sont morts ou portés disparus, tandis que 38 seulement ont survécu.
Parmi les rescapés figurent des enfants de 9 et 11 ans, qui ont perdu leurs parents durant la traversée. Une femme a également assisté à la mort de sa sœur de 25 ans sous ses yeux. Des témoignages qui illustrent l’ampleur du traumatisme vécu par les survivants.
Pour le HCR, cette tragédie rappelle le coût humain extrêmement élevé des routes migratoires irrégulières, qui deviennent toujours plus dangereuses. Malgré les risques, les départs se poursuivent depuis des points de plus en plus éloignés des Canaries, parfois à plus de 2 000 kilomètres de leur destination, ce qui allonge considérablement les traversées et accroît les dangers.
Une route maritime parmi les plus meurtrières au monde
L’ONU qualifie la route atlantique vers les Canaries de l’un des corridors migratoires les plus meurtriers au monde. Les longues distances, les conditions météorologiques imprévisibles, les embarcations surchargées et la difficulté d’organiser rapidement les secours rendent ces traversées particulièrement périlleuses.
Paradoxalement, les arrivées aux Canaries sont en nette diminution. Au 15 juillet 2026, l’archipel espagnol avait enregistré environ 4 400 arrivées, soit une baisse de 61 % par rapport à la même période en 2025.
Depuis le début de l’année, 17 opérations de débarquement ont été recensées à Nouadhibou et Nouakchott, permettant de secourir 2 147 migrants, selon les chiffres du HCR.
À l’échelle européenne, plus de 40 000 migrants sont arrivés par les principales routes maritimes depuis janvier 2026, contre 65 407 au premier semestre de l’année précédente. Pour les agences onusiennes, ces chiffres rappellent l’urgence de renforcer les mécanismes de protection et de proposer des alternatives sûres aux migrations irrégulières, afin d’éviter que de nouvelles tragédies ne se répètent.
Rvec la Rfi




































