NEW YORK – Trois ans après sa première intervention à la tribune des Nations unies, le président guinéen Mamadi Doumbouya est revenu, mercredi 23 septembre 2026, devant l’Assemblée générale de l’ONU avec un message centré sur la souveraineté, les réformes institutionnelles et la transformation économique de la Guinée.
Face aux représentants des États membres, le chef de l’État a choisi de mettre en avant les résultats qu’il attribue à la trajectoire engagée par la Guinée ces dernières années. Il a notamment évoqué le processus électoral, les infrastructures, le secteur minier et le programme Simandou 2040.
« Je reviens aujourd’hui dans un esprit différent »
Dès le début de son intervention, Mamadi Doumbouya a établi un parallèle avec son discours prononcé trois ans auparavant à la même tribune. Il a rappelé avoir alors critiqué l’application de modèles de gouvernance qu’il jugeait insuffisamment adaptés aux réalités africaines.
« Je le maintiens », a-t-il déclaré, avant de préciser que son intervention de 2026 se voulait davantage consacrée à la présentation des résultats enregistrés par la Guinée qu’à la dénonciation des difficultés.
Selon le président guinéen, le pays a organisé l’ensemble de son cycle électoral- présidentiel, législatif et communal- ainsi que la mise en place des institutions, avec un financement assuré par le Trésor public guinéen.
Il a également présenté la nouvelle Constitution comme un instrument destiné à renforcer la représentation des territoires et des communautés, la participation citoyenne et la reconnaissance de la diversité culturelle, linguistique et religieuse du pays.
Routes, mines et infrastructures au cœur du bilan
Sur le plan économique et infrastructurel, Mamadi Doumbouya a cité plusieurs chantiers qu’il considère comme emblématiques de la transformation engagée.
Le président a notamment annoncé plus de 1 000 kilomètres de routes goudronnées, destinées à améliorer la desserte et le désenclavement des différentes régions du pays.
Il a également placé le projet Simandou au cœur de son bilan. Présenté comme un projet majeur dans les secteurs minier et des infrastructures, Simandou constitue, selon le chef de l’État, l’un des principaux leviers de la transformation économique de la Guinée.
Autre volet évoqué : la transformation locale des ressources minières. Mamadi Doumbouya a fait état de la construction de trois raffineries d’alumine et de l’achèvement d’une raffinerie d’or qu’il a présentée comme la plus importante du continent en capacité de production.
Le chef de l’État a également cité la construction d’écoles et d’hôpitaux à travers le pays.
Simandou 2040, une vision au-delà des mines
Dans son intervention, Mamadi Doumbouya a insisté sur Simandou 2040, présenté comme un programme de développement socio-économique couvrant les quinze prochaines années.
Pour le président guinéen, cette stratégie ne doit pas être réduite à l’exploitation minière. Elle vise également à utiliser les ressources du pays comme levier pour développer les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, l’éducation et la santé.
La jeunesse figure également au centre de cette ambition. Mamadi Doumbouya a estimé que le principal défi consiste désormais à offrir aux jeunes une éducation de qualité, des formations adaptées au marché de l’emploi et davantage de possibilités dans l’entrepreneuriat.
Il a notamment cité Simandou Academy comme un outil destiné à renforcer la formation et l’employabilité des jeunes.
Pour des modèles de gouvernance adaptés aux réalités africaines
Au-delà du bilan national, le président guinéen a consacré une partie importante de son discours à sa vision du développement du continent africain.
Selon lui, les pays africains doivent pouvoir s’inspirer des expériences internationales tout en adaptant les modèles de gouvernance à leurs propres réalités historiques, sociales et culturelles.
En citant notamment certains pays d’Asie et du Proche-Orient, il a soutenu que leur développement avait été favorisé par leur capacité à adapter les expériences étrangères à leurs contextes nationaux.
Pour Mamadi Doumbouya, l’Afrique peut également emprunter cette voie en développant ses propres modèles et en valorisant davantage ses ressources et ses capacités internes.
Une coopération internationale fondée sur la souveraineté
Le chef de l’État guinéen a toutefois tenu à préciser que cette approche ne signifie pas un rejet de la coopération internationale.
Il a plutôt appelé à un partenariat qu’il souhaite fondé sur le respect mutuel des souverainetés et sur une logique de « co-construction gagnant-gagnant ».
« La République de Guinée, pour sa part, restera un partenaire fiable, ouvert et engagé envers l’ensemble de la communauté internationale », a-t-il déclaré, en insistant sur le respect du droit international et des principes de la Charte des Nations unies.
En conclusion, Mamadi Doumbouya a résumé son message autour d’une même idée : « La République de Guinée avance », avec ses propres choix et ses propres moyens, tout en revendiquant une coopération ouverte avec ses partenaires internationaux.
À travers cette intervention, le président guinéen a ainsi voulu présenter à la communauté internationale l’image d’un pays engagé dans une transformation institutionnelle et économique, tout en défendant une conception du développement davantage adaptée aux réalités africaines.
Voici l’intégralité de son discours. À la tribune
Amadou Diallo





































