Ce vendredi 3 avril 2026 restera gravé dans la mémoire des habitants de Bagafèa, district relevant de la préfecture de Mandiana. Dans cette localité paisible du Wassolon, connue également sous le nom de Kolonméléla, une foule impressionnante s’est donnée rendez-vous pour accompagner Aboubacar Sidiki Diakité, alias « Toumba », vers sa dernière demeure. Un moment chargé d’émotion, entre recueillement collectif et devoir de mémoire.
Dès les premières heures de la journée, parents, proches, autorités locales et anonymes venus de plusieurs contrées de la Guinée ont convergé vers ce coin reculé du pays. Tous avaient un objectif commun : rendre un ultime hommage à celui qui fut l’aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, mais aussi, pour les siens, un fils du terroir avant tout.
Dans une atmosphère lourde de tristesse, les prières et les chants funèbres ont rythmé la cérémonie. Les visages fermés et les regards humides traduisaient le poids de l’histoire et la complexité de l’héritage laissé par l’ancien militaire.
« Nous sommes venus pour l’accompagner à sa dernière demeure. C’est quand même notre fils. Aujourd’hui est un grand jour pour tout le Wassolon », a confié Ousmane Diakité, visiblement ému. Comme beaucoup d’autres, il a également formulé des prières pour le repos de son âme, implorant la miséricorde divine.
Décédé le 25 mars dernier à Conakry, après des ennuis de santé, Toumba Diakité emporte avec lui une part d’histoire récente de la Guinée. Son nom reste indissociable des événements tragiques du 28 septembre 2009, une page sombre qui continue de hanter la conscience nationale.
Au-delà des controverses et des jugements de l’histoire, Bagafèa a choisi, le temps d’une journée, de retenir une autre image : celle d’un fils revenu à la terre de ses ancêtres. Entre mémoire collective, blessures nationales et attachement communautaire, l’inhumation de Toumba Diakité rappelle une vérité souvent ignorée : derrière les figures publiques, il y a toujours des racines, une famille et un village qui pleurent l’un des leurs.
Michel Kamano




































