L’atmosphère était particulièrement tendue ce vendredi 4 avril 2026 aux abords du Tribunal de première instance de Kaloum. En fin de journée, l’ancien directeur général de la Direction centrale des investigations (DCI), Moussa Condé, a été placé sous mandat de dépôt par le cabinet du doyen des juges d’instruction. Une décision qui marque une nouvelle étape dans une affaire encore entourée de nombreuses interrogations.
Selon des informations recueillies auprès de sources judiciaires, cette incarcération fait suite à l’ouverture d’une information judiciaire visant à élucider des faits jugés suffisamment graves pour justifier sa mise en détention provisoire. Une mesure généralement motivée par la nécessité de préserver l’intégrité de l’enquête, notamment pour prévenir toute tentative d’influence sur les témoins ou de disparition d’éventuelles preuves.
Cette chute intervient quelques jours seulement après la révocation de Moussa Condé de ses fonctions pour « faute lourde ». Si cette qualification laisse présager des accusations sérieuses, les autorités judiciaires n’ont, pour l’heure, donné aucun détail sur la nature exacte des faits qui lui sont reprochés.
Aux abords du palais de justice comme dans les cercles administratifs de la capitale, l’affaire alimente déjà de nombreux commentaires. Certains y voient un signal fort envoyé par les autorités dans le cadre de la moralisation de la gestion publique et du renforcement de la redevabilité des hauts fonctionnaires. D’autres, plus prudents, rappellent l’importance du respect de la présomption d’innocence, en attendant que la justice établisse clairement les responsabilités.
Dans les milieux politiques et judiciaires, le dossier est désormais suivi de près. Les prochaines étapes de la procédure, notamment les auditions et une éventuelle communication officielle sur les charges retenues, devraient permettre de mieux comprendre les contours de cette affaire.
En attendant ces éclaircissements, l’incarcération de l’ancien patron de la DCI continue de susciter débats et spéculations à Conakry, dans un contexte où les exigences de transparence et d’exemplarité dans la gestion des affaires publiques restent plus que jamais au centre des attentes citoyennes.
Amadou Diallo


































