La machine est désormais en marche. La commission technique chargée de la gestion du dossier des enseignants contractuels non retenus a tenu, ce mardi 21 avril 2026, sa toute première session de travail au ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD), à Conakry.
Réunie à huis clos, cette rencontre inaugurale a surtout servi de cadrage. À en croire Gadiri Condé, membre de ladite commission, les échanges ont permis de poser les bases d’une démarche concertée. « Il s’agissait d’une séance de partage et d’orientation sur la manière d’aborder ce dossier afin d’aboutir à des résultats satisfaisants pour les concernés », a-t-il expliqué, insistant sur la représentativité de toutes les parties prenantes au sein de l’organe.
Composée de 13 membres issus de l’intersyndicale de l’éducation (SNE, FSPE, SLECG), de l’État et du Conseil national du dialogue social (CNDS), la commission entrera dans le vif du sujet dès ce 22 avril. Objectif affiché : examiner et traiter les listes des enseignants contractuels communaux non retenus, notamment ceux ayant déjà franchi les étapes de biométrie et d’évaluation en situation de classe.
Un signal d’apaisement est envoyé aux enseignants concernés. « Il n’y a pas de péril en la demeure. Nos camarades peuvent compter sur nous pour être rétablis dans leurs droits », rassure Gadiri Condé, alors que le dossier continue de susciter tensions et incompréhensions dans le secteur éducatif.
Même tonalité du côté du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG). Son responsable de la communication, Mohamed Bangoura, affirme que les bases méthodologiques sont déjà posées. « Nous avons défini des modalités de travail devant aboutir à une liste consensuelle, acceptée à la fois par les syndicats et la coordination des enseignants contractuels communaux », précise-t-il. L’ambition est claire : produire un travail « rigoureux » qui mettra définitivement fin aux contestations.
Le facteur temps reste toutefois un enjeu central. Si le gouvernement a accordé un délai de deux mois, renouvelable une seule fois, les membres de la commission affichent leur volonté d’accélérer la cadence. En toile de fond, une réalité persistante : le déficit d’enseignants dans plusieurs établissements du pays.
« Notre ambition est de ne pas aller au bout de ce délai et de clore ce dossier dans les meilleurs délais, pour la satisfaction de tous », souligne Mohamed Bangoura.
Ces travaux s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation. Ils font également suite à la signature de l’arrêté conjoint portant création de cette commission, chargée de finaliser le processus de révision du statut particulier de l’éducation.
Après des mois de tensions, cette commission apparaît comme la dernière chance de tourner une page devenue sensible. Reste à savoir si, cette fois, la promesse d’un consensus tiendra face aux attentes pressantes des enseignants.
Amadou Diallo


































