Au lendemain du double scrutin législatif et communal du 31 mai 2026 qui marque le retour à l’ordre constitutionnel tournant la page de la transition, l’heure est aux premières évaluations. Devant les médias ce lundi à Conakry, la branche guinéenne du Réseau Ouest-Africain pour l’Édification de la Paix (WANEP-Guinée) a présenté sa déclaration préliminaire.
Pour le WANEP-Guinée le processus électoral s’est déroulé globalement dans le calme, mais demeure marqué par des dysfonctionnements d’ordre opérationnel, et par des cas localisés d’irrégularités nécessitant un traitement juridique approprié.
La Porte-parole de l’organisation, Anne Marie a affirmé que près de 600 observateurs ont été déployés dans 294 communes du pays.
Poursuivant, Anne Marie a rappelé la portée historique de cette journée d’élection.
<< Le dimanche 31 mai 2026, plus de 6,7 millions d’électeurs guinéens, dont 52,26 % de femmes, ont été appelés aux urnes pour les élections législatives et communales, marquant la clôture du processus de transition en cours depuis le 5 septembre 2021. Ce triple scrutin constitue la dernière étape du retour à l’ordre constitutionnel >>, a-t-elle indiqué.
Mettant en exergue plusieurs indicateurs positifs : << Les données de nos observateurs révèlent que le scrutin s’est déroulé dans le calme sur l’écrasante majorité du territoire national. Le secret du vote a été garanti à 99% et les opérations de dépouillement ont été menées de manière publique, immédiate et consensuelle dans 98% des bureaux observés. Les femmes ont représenté 47% des votants et composaient 77% du personnel électoral. >>
L’organisation de la société civile a également salué l’assistance satisfaisante apportée aux personnes âgées ou en situation de handicap, ainsi que la présence rassurante des forces de sécurité dans 95% des centres de vote suivis.
Le WANEP-Guinée a énuméré des failles opérationnelles. Au total, la Salle de Situation Électorale a documenté 3 432 alertes, concentrées en grande partie dans les régions de Labé (19,20 %), Mamou (15,73%) et Kankan (14,48%).
<< 15% des bureaux de vote n’ont pas ouvert à l’heure réglementaire. Par ailleurs, 15% d’entre eux ont souffert d’un manque critique de matériel (encre indélébile, listes d’émargement, scellés, fiches de dérogation). En région de Labé, 6% des bureaux ont connu une rupture totale de documents de dépouillement.
Les représentants des partis politiques étaient absents, selon le WANEP-Guinée, dans plus de 16% des cas signalés, illustrant un déficit de surveillance multipartite.
Des cas documentés de corruption, de pressions indues et d’ingérences directes d’autorités administratives locales notamment des sous-préfets ont été formellement signalés à Siguiri (Kankan) et Madina Salambande (Labé).
Le défi des deepfakes : Sur le front numérique, la cellule de fact-checking a neutralisé une vidéo manipulée par intelligence artificielle montrant l’effondrement fictif d’un pont à Pita au passage d’un candidat, signe de la persistance des menaces de désinformation >>, a souligné Mme Anne Marie Souaré.
Face aux anomalies constatées, les membres du WANEP-Guinée exhortent le Gouvernement à diligenter immédiatement des enquêtes judiciaires sur les suspicions de corruption à Siguiri et à imposer une stricte neutralité aux autorités locales.
Ensuite, à la Direction Générale des Élections (DGE), ils recommandent de procéder à une vérification croisée des résultats dans les bureaux de vote où les procès-verbaux n’ont pas été affichés ; de renforcer la chaîne logistique en amont de toute prochaine élection.
Par ailleurs, la Porte-parole de ladite organisation a félicité le peuple de Guinée pour sa maturité et invité l’ensemble des acteurs à la responsabilité dans l’attente des résultats définitifs.
Pour un développement harmonieux et durable, elle a invité les uns et les autres à privilégier la paix. << Pour tout différend, nous enjoignons les parties prenantes à user exclusivement des voies de recours légales >>, a-t-elle suggéré.
Marliatou Sall



































