Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a effectué cette semaine une descente sur le terrain à Dubréka, à la suite d’un signalement faisant état de ventes et d’aménagements de domaines agricoles ainsi que de zones marécageuses dans les secteurs de Madina 1, Dorfri 1 et Dorfri 2.
Selon les premières constatations, ces opérations foncières auraient été facilitées ou couvertes par certains responsables administratifs, désormais dans le viseur de la justice. Sur place, le magistrat a dénoncé ce qu’il qualifie d’atteinte grave à l’environnement et au domaine public.
« Nous sommes là où il y a eu cette agression contre l’environnement. Ni la directrice ni le directeur de l’environnement n’en ont parlé. Qu’on les appelle et qu’on les fasse venir : ils doivent être là parce que je veux comprendre ce qu’il s’est réellement passé. Normalement, on ne peut pas occuper le domaine maritime sans autorisation. Si des personnes y opèrent, quelqu’un les a autorisées », a déclaré le procureur spécial.
Poursuivant ses constats, Alphonse Charles Wright a rappelé que la zone concernée abrite des activités de production animale et de pêche, qu’il juge essentielles à préserver. Il estime qu’aucune transformation de ces espaces ne peut être envisagée sans évaluation préalable de l’impact environnemental.
« Depuis la réception de la dénonciation, nos équipes ont travaillé sur le terrain. La production animale et la pêche sont présentes dans cette zone : ces activités doivent être préservées. Si vous détruisez cet espace, il faut d’abord évaluer l’impact environnemental », a-t-il insisté.
Le procureur spécial a par ailleurs averti que la loi prévoit des sanctions contre toute forme de complicité ou d’instigation dans des opérations illégales portant sur le domaine public ou l’environnement. Il a donné un délai d’une semaine aux responsables administratifs concernés pour rendre compte de leur gestion et procéder, le cas échéant, à la restitution des biens relevant du patrimoine public.
« Vous avez une semaine pour restituer tout bien relevant du patrimoine public. Si des ventes ont lieu, les biens doivent revenir au patrimoine de l’État ou être régularisés selon la procédure. Arrêtez l’agression de l’environnement immédiatement », a-t-il prévenu.
Réagissant aux interrogations sur cette descente sur le terrain, le procureur spécial a rappelé que la CRIEF dispose d’une compétence nationale dès lors que des faits susceptibles de constituer des infractions économiques, financières ou environnementales sont portés à son attention.
Aziz Camara


































