ÉDITORIAL. Il est des découvertes qui dépassent le simple cadre d’un fait divers et imposent à toute une société un moment de gravité, de réflexion et d’exigence. Celle survenue dans le secteur de Sabakhouré, relevant de la sous-préfecture d’Allassoyah, dans la préfecture de Forécariah, en fait assurément partie.
Six corps non identifiés, enfouis dans une fosse au cœur d’une zone forestière : la nouvelle, rapportée ce lundi 24 août, a provoqué une onde de choc au sein des populations locales. Mais au-delà de l’émotion légitime, cette découverte soulève une question fondamentale : que s’est-il réellement passé à Sabakhouré ?
Pour l’heure, le mystère demeure entier. Qui sont ces victimes ? Comment sont-elles mortes ? Depuis combien de temps leurs dépouilles se trouvaient-elles dans cette fosse ? S’agit-il d’un crime collectif, d’un règlement de comptes ou d’un autre drame encore inconnu ? Autant d’interrogations auxquelles seule une enquête sérieuse, approfondie et indépendante pourra répondre.
Car six vies ne peuvent disparaître dans le silence sans que la vérité ne soit recherchée avec toute la rigueur nécessaire. Derrière ces corps anonymes se cachent peut-être des familles qui attendent depuis des jours, des semaines ou des mois des nouvelles de proches disparus. Derrière cette fosse se trouve peut-être une histoire tragique que la justice a désormais le devoir de reconstituer.
Les autorités compétentes ont été saisies et une enquête a été ouverte. C’est une étape essentielle. Mais dans une affaire d’une telle gravité, l’opinion publique attend plus qu’une simple annonce d’investigations. Elle attend des résultats. Elle attend que les victimes soient identifiées, que les circonstances de leur mort soient établies et que d’éventuels responsables soient retrouvés et traduits devant la justice.
Cette affaire rappelle surtout que la protection de la vie humaine et la recherche de la vérité ne doivent souffrir d’aucune négligence. La découverte de six corps dans une fosse commune présumée ne saurait être reléguée au rang des faits divers avant même que toute la lumière ne soit faite.
À Forécariah, comme partout en Guinée, les populations ont droit à la vérité. Sabakhouré ne doit pas devenir le nom d’un mystère de plus, mais celui d’une affaire élucidée.
Car face à la mort, surtout lorsqu’elle frappe dans des circonstances aussi troublantes, le silence n’est jamais une réponse. La vérité, elle, est une exigence.
Amadou Diallo






































