Conakry — Près d’une semaine après l’éboulement meurtrier survenu à la décharge de Dar-es-Salam, le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, s’est rendu, samedi 29 août 2026, sur le site du drame. Une visite effectuée alors que les opérations de sécurisation et de démolition se poursuivent autour de cette décharge qui a fait une trentaine de morts, parmi lesquels des Guinéens et des ressortissants sierra-léonais.
Sur place, le chef de l’État a pu constater l’ampleur des dégâts et suivre l’évolution des opérations engagées par les services concernés. Sa présence avait également pour objectif de s’assurer de la mise en œuvre effective des instructions données par les autorités au lendemain de la catastrophe.
Selon le ministre secrétaire général et porte-parole de la Présidence, le général Amara Camara, cette descente sur le terrain s’inscrit dans la démarche du chef de l’État visant à rester au contact des populations et à s’enquérir directement de leurs conditions de vie.
« Son Excellence le général Mamadi Doumbouya est un homme de constance. Son seul credo, c’est le bien-être de sa population et l’amélioration des conditions de vie », a déclaré Amara Camara.
Le porte-parole de la Présidence a souligné que le président était venu « constater la situation sur le terrain, partager la douleur de la population » et surtout vérifier que les instructions arrêtées après le drame sont effectivement appliquées.
Un drame qui continue de marquer les esprits
L’éboulement survenu dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août a plongé plusieurs familles dans le deuil. Face à l’ampleur des pertes humaines, le gouvernement dit mesurer la gravité de la situation.
« Ce qui est arrivé est assez dramatique. Ce sont des pertes en vies humaines que nous regrettons tous », a rappelé Amara Camara, transmettant les condoléances du chef de l’État aux familles endeuillées.
Pour les autorités, l’urgence est désormais double : accompagner les familles touchées et prendre les dispositions nécessaires afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Le gouvernement évoque des alertes antérieures
Au cours de son intervention, le ministre secrétaire général de la Présidence a également évoqué la question des habitations installées aux abords de la décharge. Il affirme que l’administration avait déjà effectué plusieurs passages sur le site et mené des opérations pour prévenir les risques liés à l’occupation des lieux.
« L’administration était déjà passée plusieurs fois sur ces lieux. Des opérations avaient été menées et des instructions avaient été données aux occupants », a-t-il expliqué.
Selon Amara Camara, malgré ces interventions, certaines occupations se sont poursuivies. Mais au lendemain de la catastrophe, insiste-t-il, la priorité demeure la préservation des vies humaines et la sécurisation du périmètre.
De la montagne d’ordures au parc urbain
Au-delà de la gestion de l’urgence, les autorités annoncent une transformation en profondeur du site de Dar-es-Salam.
Le projet prévoit l’évacuation progressive des déchets accumulés sur le site avant sa reconversion en espace vert.
« Il est prévu de faire disparaître tout ce qu’il y a ici comme ordures dans le cadre d’un projet déjà mis en place. Le site va ensuite être transformé en parc urbain », a annoncé Amara Camara.
Cette transformation, selon la Présidence, devrait contribuer à améliorer le cadre de vie des populations et à participer à l’embellissement de Conakry.
Les démolitions se poursuivent
La visite présidentielle intervient dans un contexte particulièrement sensible. Autour de la décharge, les opérations de démolition des habitations considérées comme exposées aux risques se poursuivent, suscitant des inquiétudes parmi les populations concernées.
Alors que les familles endeuillées tentent de faire leur deuil et que les sinistrés cherchent des solutions pour se reloger, les autorités affirment vouloir tirer les leçons de cette catastrophe.
Au terme de sa visite, le général Amara Camara a transmis, au nom du président de la République, « les condoléances les plus attristées à l’ensemble du peuple de Guinée et aux familles endeuillées ».
« Que Dieu accueille les âmes des disparus dans Son paradis », a-t-il conclu.
À Dar-es-Salam, le drame laisse derrière lui des familles brisées, un site dévasté et une question désormais centrale : comment transformer cette catastrophe en véritable leçon pour empêcher qu’une tragédie similaire ne se reproduise ?
Saliou Keita







































