Reportage
Sous le soleil de Conakry, l’Université Gamal Abdel Nasser (UGANC) a vibré ce samedi 28 mars au rythme d’une nouvelle étape dans la modernisation de l’enseignement supérieur guinéen. Dans l’amphithéâtre choisi pour l’occasion, responsables universitaires, cadres du ministère et partenaires techniques ont assisté au lancement officiel de Walisé, une plateforme numérique d’aide à la décision portée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Dans la salle, l’atmosphère est à la fois solennelle et empreinte d’espoir. Pour les acteurs du secteur, cet outil numérique symbolise une volonté affichée de réformer la gouvernance universitaire en s’appuyant désormais sur des données fiables et centralisées.
Un outil pour piloter l’université autrement
Fruit d’un partenariat entre le Bureau de stratégie et de développement (BSD) du ministère et le Comité national de télédétection et d’information géographique (CNTIG) de Côte d’Ivoire, la plateforme Walisé se veut un véritable tableau de bord du système universitaire guinéen.
L’outil permet notamment de centraliser les données du secteur, de géolocaliser les institutions d’enseignement supérieur grâce à des cartes interactives et de fournir aux décideurs des indicateurs précis sur les infrastructures et les effectifs.
Pour le recteur de l’UGANC, le professeur Alpha Kabinet Keïta, cette innovation marque un tournant dans la gestion du secteur.
« Cet outil permettra d’améliorer la collecte et l’analyse des données afin de faciliter la prise de décision et d’optimiser la gestion de nos institutions. Nous saluons cette initiative et réaffirmons notre disponibilité pour son appropriation », a-t-il déclaré devant l’assistance.
Une réforme inscrite dans la vision Simandou 2040
Prenant la parole, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Diaka Sidibé, a inscrit cette initiative dans la dynamique des réformes structurelles engagées par les autorités de la transition.
Selon elle, Walisé représente bien plus qu’un simple logiciel de gestion.
« Le lancement de cette plateforme marque une étape décisive dans la modernisation de la gouvernance de notre système d’enseignement supérieur. Dans un contexte où la décision publique doit être rapide et fondée sur des données fiables, il est indispensable de disposer d’outils modernes », a-t-elle affirmé.
Elle a également insisté sur le rôle stratégique de cette plateforme dans l’anticipation des besoins du secteur et dans l’amélioration de la planification.
Le défi de la fiabilité des données
Mais au-delà de l’innovation technologique, un défi majeur demeure : la qualité des données qui alimenteront la plateforme.
Dans un premier temps, Walisé sera alimentée à partir des annuaires statistiques annuels du ministère. La ministre a ainsi appelé les universités et institutions d’enseignement supérieur à plus de rigueur dans la production et la transmission des informations.
« La réussite de cette initiative dépendra avant tout de la qualité des données. Nous devons améliorer leur fiabilité, leur exhaustivité et respecter les calendriers de production statistique », a-t-elle insisté.
Vers un écosystème numérique intégré

À terme, les autorités ambitionnent de connecter Walisé à l’ensemble des systèmes d’information du ministère, d’automatiser la collecte des données et de renforcer le suivi des performances des institutions.
Un projet qui, selon les responsables du secteur, pourrait transformer durablement la gouvernance universitaire en Guinée.
Au sortir de la cérémonie, une conviction semble partagée par les participants : avec Walisé, l’enseignement supérieur guinéen amorce un virage numérique dont le succès dépendra désormais de l’engagement collectif des acteurs du système.
Saliou Keita




































