Le président de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH), Me Alpha Amadou DS Bah, a animé une conférence de presse ce samedi 28 mars à Conakry, avec l’appui de l’ambassade du Royaume-Uni, pour évoquer les défis liés à l’accès à la justice pour les personnes les plus vulnérables.
Au cours de cette rencontre, l’avocat a notamment dénoncé la lenteur dans le traitement de certains dossiers judiciaires, une situation qui, selon lui, contribue à prolonger abusivement les détentions préventives.
« Il faut que cela cesse afin que les personnes puissent bénéficier d’un procès juste et équitable. Parfois, nous sommes obligés d’introduire des référés pénaux parce que le seul document reliant un détenu en détention préventive au tribunal reste le mandat de dépôt. Il arrive même que le fond du dossier disparaisse pendant des années », a-t-il déploré.
Selon lui, sans l’appui d’organisations de défense des droits humains, certains détenus risquent de passer plusieurs années en prison pour des infractions parfois mineures.
« Si ces personnes ne bénéficient pas de l’accompagnement de l’OGDH ou d’autres ONG, elles peuvent rester en détention pendant des années pour des faits parfois simples. Même si elles avaient été condamnées, elles auraient déjà purgé leur peine », a-t-il insisté, tout en saluant l’existence des référés pénaux qui permettent, selon lui, de corriger certaines situations.
Interrogé sur les cas de décès en milieu carcéral, Me Alpha Amadou DS Bah a rappelé que le phénomène n’est pas nouveau en Guinée.
« Les morts en détention, c’est une situation qui ne date pas d’aujourd’hui », a-t-il affirmé.
Il pointe notamment la surpopulation carcérale comme l’un des principaux facteurs de la dégradation des conditions de détention.
« La Maison centrale de Conakry avait été conçue pour environ 300 détenus. Aujourd’hui, elle en compte plus de 2 000. C’est énorme. Cette surpopulation est forcément un facteur de dégradation des conditions de vie des prisonniers », a-t-il expliqué.
Le président de l’OGDH a toutefois reconnu certaines avancées, notamment les efforts consentis pour améliorer les conditions de détention, à travers la réhabilitation de certains bâtiments et la fourniture d’équipements comme des matelas.
Malgré ces progrès, il estime que des réformes structurelles restent nécessaires pour améliorer durablement les conditions de détention et garantir un meilleur respect des droits des personnes privées de liberté.
Marliatou Sall




































