Dans la zone portuaire de Boulbinet, au cœur de Conakry, l’atmosphère était tendue le 23 mars 2026. Forces de sécurité et agents administratifs étaient mobilisés pour une vaste opération de démantèlement des campements informels et d’identification des étrangers en situation irrégulière. Parmi les personnes interpellées figuraient de nombreux ressortissants sierra-léonais.
Cette intervention s’inscrit dans une campagne plus large lancée par les autorités guinéennes pour lutter contre l’occupation anarchique des espaces publics et renforcer le contrôle des étrangers ne disposant pas de documents administratifs en règle.
Selon les informations relayées par le gouvernement sierra-léonais, les ressortissants disposant de papiers valides ont été relâchés après vérification de leur situation. En revanche, ceux ne pouvant justifier d’un statut régulier ont été reconduits vers leur pays d’origine.
Face à cette situation sensible, l’ambassade de Sierra Leone à Conakry a rapidement engagé des discussions avec les autorités guinéennes afin de veiller au respect des droits de ses citoyens et au caractère humain des opérations de rapatriement.
À la frontière, le processus de retour s’organise de manière coordonnée entre les deux États. Des équipes administratives guinéennes et sierra-léonaises travaillent conjointement pour assurer l’identification, l’enregistrement et l’accueil des personnes concernées.
Le 24 mars 2026, ce sont au total 942 ressortissants sierra-léonais, dont des femmes et des enfants, qui ont été officiellement accueillis au poste frontalier de Kambia. Sur place, les autorités de Freetown ont mis en place des dispositifs d’assistance pour faciliter leur retour vers leurs localités d’origine dans des conditions jugées dignes et sécurisées.
Le gouvernement sierra-léonais affirme suivre de près l’évolution de la situation et promet de poursuivre le dialogue diplomatique avec Conakry afin de garantir la protection de ses ressortissants et le respect des procédures dans le cadre de ces opérations.
Sur le terrain, cette opération illustre les défis migratoires et sécuritaires auxquels sont confrontés les pays de la sous-région, entre exigences de contrôle administratif et impératifs humanitaires.
Saliou Keita


































