L’inquiétude grandit autour de l’état de santé du commandant Aboubacar Sidiki Diakité, alias « Toumba ». Dans un communiqué publié mardi 24 mars 2026, sa famille exprime de sérieuses préoccupations et évoque même le risque d’une « disparition forcée », pointant un manque de transparence des autorités sur la situation de l’ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara.
Cette réaction fait suite au communiqué du parquet général annonçant son transfert en urgence à l’hôpital du Camp Almamy Samory Touré, après un malaise survenu dans sa cellule à la Maison centrale de Coyah. Selon les autorités judiciaires, le détenu serait actuellement pris en charge en soins intensifs.
Une version fermement contestée par ses proches, qui disent ne pas croire à la thèse du malaise. Ils rappellent que l’état de santé de Toumba Diakité suscitait déjà des inquiétudes depuis plusieurs mois, notamment en raison d’une hernie à un stade avancé. D’après la famille, ses avocats avaient d’ailleurs alerté sur la nécessité d’une prise en charge médicale spécialisée, recommandée par un collège de médecins.
Autre point de contestation : son transfert à la prison de Coyah en février 2026, que la famille qualifie d’« illégal », affirmant qu’aucune décision judiciaire n’aurait officiellement autorisé ce déplacement.
Mais au-delà de ces divergences, c’est surtout l’absence d’informations indépendantes sur son état réel qui alimente les inquiétudes. Les proches dénoncent notamment l’impossibilité pour les avocats et les membres de la famille d’avoir accès au détenu, ainsi que ce qu’ils décrivent comme un « silence total » des autorités.
Face à cette situation, la famille formule plusieurs revendications, dont la présentation d’une preuve de vie « immédiate et vérifiable », l’accès à un médecin indépendant, la possibilité pour ses avocats de lui rendre visite, ainsi qu’une communication transparente sur son état de santé. Elle demande également sa libération anticipée pour des raisons humanitaires, évoquant son état physique et les années déjà passées en détention.
Condamné à dix ans de prison pour son implication dans les événements du 28 septembre 2009, Aboubacar Sidiki Diakité a déjà purgé près de neuf années de détention. Sauf changement de situation, sa libération est théoriquement prévue pour 2027.
En attendant, cette affaire relance le débat sur les conditions de détention et la prise en charge sanitaire des prisonniers en Guinée.
Aziz Camara




































