CHRONIQUE:
À quelques semaines des élections législatives et communales prévues le 24 mai 2026, le président de la transition, Mamadi Doumbouya, hausse le ton. Objectif affiché : garantir des élections crédibles, sécurisées et sans violences, dans un contexte où chaque scrutin reste une épreuve de maturité démocratique pour la Guinée.
Une élection, un défi, une promesse
À mesure que la date du 24 mai approche, le pouvoir semble vouloir éviter toute zone d’ombre. Réuni en conseil des ministres le jeudi 2 avril au palais Mohammed V, le président Mamadi Doumbouya a clairement donné le ton : pas de place pour l’improvisation dans l’organisation des prochaines élections législatives et communales.
Dans un pays où les échéances électorales ont souvent été synonymes de tensions et de crispations, le message du chef de l’État sonne comme une mise en garde autant qu’un engagement : celui de faire de ce double scrutin un tournant vers la stabilité institutionnelle.
Parachever la transition institutionnelle
Au-delà de la simple organisation d’élections, ces scrutins représentent une étape décisive dans la reconstruction de l’architecture institutionnelle. Mamadi Doumbouya l’a rappelé devant son gouvernement : ces élections doivent permettre de compléter la mise en place des institutions républicaines conformément aux exigences constitutionnelles.
Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de voter, mais de refermer progressivement la parenthèse de la transition en posant les bases d’un retour durable à l’ordre institutionnel.
Une mobilisation générale de l’appareil d’État
Pour éviter toute défaillance, le président a instruit l’ensemble des structures impliquées dans le processus électoral de jouer pleinement leur rôle. Du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation aux forces de défense et de sécurité, en passant par la Direction générale des élections, tous sont désormais placés devant leurs responsabilités.
La sécurisation du vote, l’organisation logistique et la transparence du processus apparaissent comme les trois piliers sur lesquels repose la crédibilité de ce rendez-vous électoral.
Le pari de la paix électorale
Dans ses orientations, le président de la transition a particulièrement insisté sur un principe fondamental : permettre à chaque citoyen d’exercer son droit de vote librement, dans un climat apaisé, sur toute l’étendue du territoire national.
Une exigence qui traduit la volonté d’éviter les démons du passé et de consolider une culture électorale fondée sur la paix, l’unité nationale et la responsabilité collective.
Le respect du code électoral comme ligne rouge
Enfin, Mamadi Doumbouya a rappelé un point essentiel : le respect strict du code électoral. Une instruction claire adressée au ministre de l’Administration du territoire, appelé à veiller à l’application rigoureuse des règles du jeu démocratique.
Car au fond, la véritable réussite de ces élections ne se mesurera pas uniquement au taux de participation, mais surtout à la confiance que les Guinéens accorderont au processus.
Une élection sous observation
À moins de deux mois du scrutin, une question demeure : la Guinée réussira-t-elle à transformer cette échéance en symbole de maturité politique ?
Le 24 mai ne sera pas seulement une date électorale. Ce sera un test. Un test pour l’État, pour les institutions, mais aussi pour la capacité des acteurs politiques à faire passer l’intérêt national avant les calculs partisans.
Et peut-être, pour Mamadi Doumbouya, l’occasion de prouver que la transition qu’il conduit peut aussi rimer avec organisation, responsabilité et apaisement.
Barry Arbaba


































