Les organisateurs du Forum international de Niani ont officiellement levé le voile sur les ambitions de cet événement culturel majeur, prévu du 3 au 5 avril 2026. L’annonce a été faite jeudi 2 avril à Conakry par Dr Abdoulaye Keita, à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à la valorisation de ce site historique, autrefois capitale de l’Empire du Mali et symbole de la grandeur de l’Afrique précoloniale.
Dans son intervention, le conférencier a expliqué que ce forum a été initié pour contribuer à la réhabilitation historique et culturelle de Niani, considérée comme la capitale de Soundjata Keïta et un pilier de la civilisation mandingue.
« L’objectif est de réhabiliter Niani, ancienne capitale de l’Empire du Mali, mais aussi de valoriser les sites touristiques de la région, notamment à Djoma et plus largement dans tout l’espace manding », a-t-il déclaré.
Dr Keita a également évoqué des ambitions à long terme, parmi lesquelles le positionnement de Niani comme un pôle culturel et historique majeur en Afrique de l’Ouest.
« Notre ambition est de faire de Niani l’une des capitales culturelles de l’espace CEDEAO, compte tenu de son importance historique et de sa position géographique au cœur de l’Afrique de l’Ouest », a-t-il précisé.
Parmi les projets structurants annoncés figure la construction d’une bibliothèque internationale dédiée à la conservation des savoirs africains, en particulier ceux liés à la civilisation mandingue.
« Cette bibliothèque aura pour vocation de rassembler les écrits sur la civilisation africaine, notamment mandingue. Nous souhaitons y conserver des manuscrits historiques, y compris ceux de Tombouctou, afin d’en faire un centre de référence pour la recherche », a-t-il expliqué.
Les promoteurs envisagent également la création d’un musée international à Niani, destiné à exposer des objets historiques liés à Soundjata Keïta, à ses successeurs ainsi qu’à l’ensemble de l’Empire du Mali et de ses alliés. L’objectif est aussi de mettre en valeur les vestiges historiques afin de renforcer l’attractivité touristique de la zone.
Dans la même dynamique, il est aussi question de la construction d’une université internationale spécialisée dans l’enseignement de disciplines telles que l’histoire, l’archéologie et l’anthropologie, avec un accent particulier sur les recherches liées à l’espace manding.
Selon les organisateurs, le forum proposera un programme riche et multidimensionnel comprenant des conférences sur l’histoire africaine, des projections cinématographiques, des prestations artistiques et culturelles, notamment autour du mythique Sosso Bala, ainsi que des visites guidées de sites historiques majeurs du Manding et de Niani.
Prenant la parole, Mme Saran Camara, présidente de l’Association Kouroukanfouga de Paris, s’est dite honorée de prendre part à cette initiative qu’elle considère comme essentielle pour la transmission de l’héritage africain.
Elle a rappelé que son organisation œuvre pour la valorisation de ce qu’elle qualifie de « patrimoine universel des droits de l’homme », en référence à la Charte de Kouroukanfouga, souvent présentée comme l’une des premières déclarations des droits fondamentaux.
À ce titre, elle a invité les acteurs culturels, les chercheurs et les citoyens à contribuer à la vulgarisation de cette charte afin de mieux faire connaître son contenu et sa portée historique.
En conclusion, les promoteurs du forum ont adressé leurs remerciements au ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, pour son accompagnement et son soutien à l’organisation de cet événement qui ambitionne de replacer Niani au centre du récit historique africain.
Marliatou Sall


































