À Conakry, le climat se tend à nouveau dans le secteur de l’éducation. Alors que le porte-parole du ministère de l’Enseignement prédisait récemment une issue favorable aux discussions engagées autour de l’accord du 3 janvier 2026, sur le terrain syndical, le discours est tout autre. Radicalement autre.
Dans les rangs du Syndicat national de l’éducation (SNE), l’optimisme affiché par les autorités passe mal. Joint ce jeudi matin, son secrétaire général tranche net : « Les pourparlers sont au point mort. » Une déclaration qui sonne comme un désaveu frontal de la communication gouvernementale.
Un ultimatum qui expire sans avancée
Tout remonte à l’assemblée générale du samedi 11 avril. Ce jour-là, l’intersyndicale FSPE-SNE accorde un moratoire de cinq jours au gouvernement pour trouver un terrain d’entente sur l’application du protocole additionnel signé le 3 janvier.
Mais à moins de 24 heures de l’échéance, aucun compromis n’est en vue. Dans les coulisses des négociations, les lignes restent figées. Le dialogue, lui, semble enlisé.
Trois blocages qui crispent
Selon le secrétaire général du SNE, trois obstacles majeurs paralysent les discussions :
- Le non-respect du calendrier initial, fixé à février 2026 dans le protocole d’accord ;
- La rétention prolongée des arrêtés conjoints, indispensables à la mise en place des commissions techniques ;
- Le report de la révision du Statut particulier des enseignants, pourtant au cœur des revendications.
Pour le syndicaliste, ces blocages traduisent un manque de volonté politique. « On n’a plus besoin de solutions de circonstance. Le mal est profond », insiste-t-il, appelant à une réforme structurelle du système éducatif.
Le 18 avril, un tournant décisif ?
Dans ce contexte de crispation, tous les regards sont désormais tournés vers le samedi 18 avril. Une nouvelle assemblée générale est prévue à la Bourse du Travail, à partir de 13 heures.
Et le ton est déjà donné. « D’importantes décisions seront prises », prévient le responsable syndical. En ligne de mire : la revalorisation du statut des enseignants, considérée comme un levier essentiel pour sortir durablement de la précarité.
« Les enseignants sont déterminés à en finir avec la misère », martèle-t-il, évoquant la nécessité de recentrer la lutte sur des objectifs « clairs et stratégiques ».
Tensions syndicales en toile de fond
À cette crise s’ajoutent des dissensions internes au mouvement syndical. Le responsable du SNE n’a pas manqué de réagir à la posture du SLECG, appelant les enseignants à ne pas lui accorder d’importance.
« Plus on parle d’eux, plus on fait leur publicité », lâche-t-il, rappelant que le droit de grève reste un choix individuel, même dans un cadre collectif.
Un système éducatif sous pression
Entre discours officiels rassurants et colère syndicale grandissante, le fossé semble se creuser. À mesure que l’échéance approche, une question s’impose : le gouvernement parviendra-t-il à désamorcer la crise avant un éventuel durcissement du mouvement ?
Réponse attendue ce 18 avril. D’ici là, dans les écoles comme dans les syndicats, l’incertitude reste totale.
Moussa Aziz Camara


































