Un groupe de citoyens a déposé ce lundi, 22 juin 2026, un signalement auprès du parquet général près la Cour d’appel de Conakry pour dénoncer des propos attribués à Moussa Mara, connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « Général El Sissi ». Les plaignants estiment que les déclarations de ce dernier constituent une incitation à la haine et menacent la cohésion sociale en Guinée, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.
À l’initiative de cette démarche figure le journaliste Abdoul Malick Diallo, accompagné de ses confrères Mamadou Bhoye Barry et Alhassane Bah. Devant la presse, les trois citoyens ont expliqué avoir décidé de saisir la justice après plusieurs publications et interventions vidéo de Moussa Mara sur les plateformes numériques.
Selon Abdoul Malick Diallo, les propos incriminés visent particulièrement la communauté peulh et appelle les autorités à lui retirer certains droits administratifs et économiques.
« Ce signalement porte sur des propos relayés sur les réseaux sociaux par un certain Moussa Mara, surnommé Général El Sissi sur Facebook, qui s’évertue depuis quelques temps à s’attaquer à la communauté, à semer la division, à injurier la communauté peule, à demander aux autorités de priver les citoyens de ces documents administratifs, de bloquer leurs camions, de bloquer leur commerce et de ne pas leur délivrer des actes d’extrait de naissance. Ce sont des propos qui sont de nature à semer le trouble, à fragiliser la cohésion sociale, la cohésion nationale, à monter les ethnies les unes contre les autres. Ce sont des propos qui ne sont pas à tolérer », a-t-il déclaré devant le siège de la Cour d’appel.
Les auteurs du signalement reprochent également aux autorités judiciaires de ne pas s’être autosaisies plus tôt, malgré la diffusion répétée de contenus qu’ils considèrent comme dangereux pour la paix sociale. Abdoul Malick Diallo a rappelé qu’au cours des derniers mois, Moussa Mara a déjà tenu des propos visant des opérateurs économiques peuls dans le contexte de la crise de liquidité ayant affecté le pays. Il estime que l’absence de réaction judiciaire face à ces précédentes déclarations a contribué à encourager de nouveaux dérapages.
« Ce qu’il est en train de faire, ça a créé des tensions sur les réseaux sociaux et des tensions qui risquent d’avoir des effets de contagion dans nos sociétés, dans nos quartiers », a-t-il affirmé.
Les signataires du signalement demandent l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités et, le cas échéant, de sanctionner l’auteur des propos conformément à la loi.
Au-delà du volet judiciaire, les plaignants interpellent également l’exécutif. Ils invitent les autorités, notamment le président de la République, à se désolidariser publiquement de toute déclaration susceptible de porter atteinte à l’unité nationale.
« Je demande à l’exécutif de le désavouer publiquement, puisque ce monsieur, un citoyen qui se réclame un soutien du régime en place, qui appelle les autorités, le chef de l’état à priver une communauté donnée de documents administratifs, c’est quelque chose auquel l’exécutif ne doit pas s’associer. Aucun citoyen ne doit s’associer à cet individu pour éviter qu’il y ait le chaos dans ce pays », a insisté Abdoul Malick Diallo.
Les requérants fondent notamment leur démarche sur le communiqué publié le 15 avril dernier par le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, dans lequel celui-ci avait annoncé un renforcement de la lutte contre les discours haineux et les infractions commises sur les réseaux sociaux.
Tout en affirmant leur confiance dans l’institution judiciaire, ils disent attendre des actes concrets pour traduire ces engagements en actions.
« Nous avons confiance au parquet général, le procureur Fallou Doumbouya. C’est lui qui avait pris des engagements le 15 avril dernier dans un communiqué officiel pour dire que c’est fini, le dérapage sur les réseaux sociaux. Nous attendons qu’il agisse, qu’il commence par ça, qu’il commence par Moussa Mara alias El Sissi et qu’il montre à l’opinion publique qu’il n’est plus permis à un individu, qui qu’il soit, qu’il soit soutien du régime ou opposé au régime, de s’attaquer à une communauté, à une région, à une religion quelconque », a conclu Abdoul Malick Diallo.
Le parquet général ne s’était pas encore prononcé sur cette affaire au moment où nous mettions cette dépêche en ligne.
Source: Guinéematin.com


































